Extrait: La vigne omniprésente

Petit et seul, on ne peut pas grand chose. La coopération, c’est avant tout l’histoire d’un mouvement de solidarité. Plus qu’un mouvement, une ferveur.

C’est alors l’idée de mettre en commun du savoir-faire et des outils qui a fait surgir de terre ces grands bâtiments qui nous sont plus chers que des monuments. Ce qui habite les murs des caves coopératives, c’est bien la notion de communauté, se regrouper pour faire front, créer de la puissance et de l’énergie. L’élan a traversé le siècle pour se retrouver aujourd’hui plus fort que jamais et doit continuer avec les outils d’aujourd’hui.

L’esprit des vendanges

Le métier de la vigne

C’est avant tout une passion. Une passion avec, au bout des hivers de taille, des journées de tracteur, des journées de vendanges la fierté de la chose bien faite y compris pour certains, jusqu’à faire le vin dans leur cave. Le travail des mains pour ce vin, gage de convivialité qui délie les langues et réchauffe les cœurs.

Rituels

La journée se rythme au hasard des rencontres. C’est dans les rues, sur les places, dans les boulangeries, les épiceries, au marché, qu’ici les gens se parlent. La tchatche comme institution, car il est impensable de croiser quelqu’un sans lui adresser la parole, quelques secondes, quelques minutes; le temps du parler n’est jamais du temps perdu. De ces petits conciliabules quotidiens se répandent à travers le village les nouvelles que chacun se doit de connaître. Des riens parfois, des considérations météorologiques, la scolarité des enfants, la taille qui n’avance pas. Rituels de rassemblements et partage du territoire, le même banc sert aux vieux de la fin de matinée autant qu’aux jeunes du soir: la tchatche n’est pas une question de génération, elle est une question de mentalité.
Prendre le temps de s’arrêter, demander son chemin et se laisser embarquer dans la conversation. La parole se vit comme un acte fort, une affirmation de soi: ici, le silence est douteux.



Crédits

Accès directs